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    Un document de base : la carte géologique

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    Messages : 537
    Date d'inscription : 30/09/2010

    Un document de base : la carte géologique

    Message par Admin le Sam 12 Fév - 16:52

    Un document de base : la carte géologique

    Quelques éléments pour une meilleure compréhension du
    paysage



    Une carte géologique présente sur un fond de carte
    topographique, une série de taches de couleurs différentes et de dimensions
    plus ou moins grandes. Chacune de ces couleurs correspond à une roche
    affleurant en surface telle que le calcaire, les marnes, l’argile le sable, le
    granite, le micaschiste, le basalte, la phonolite, le trachyte…. En fait ces
    roches ne sont pas immédiatement visibles ; leur surface est altérée et forme
    la terre végétale. Souvent un décapage est nécessaire pour connaître la
    roche sous-jacente. La géologie est donc une science de devinette permanente :
    dans un paysage couvert de végétation, les points d’observation sont rares,
    en dehors de travaux humains le plus souvent très transitoires. Une carrière
    représente toujours un accès exceptionnel à la troisième dimension, elle
    conduit à une leçon d’anatomie du sous-sol.

    Une carte géologique est caractérisée par son échelle : 1
    :50.000 ; c’est le rapport entre la distance séparant deux objets figurés
    sur la carte et leur distance réelle sur le terrain. La carte permet de
    retrouver l’histoire de la région.

    La zone du Nord Cantal est constituée de deux types de
    formations : un socle ancien sur lequel s’est édifiée une formation
    volcanique. Cette double structure a ensuite été modelée par les rivières et
    les glaciers. Les terrains anciens sont bien visibles dans le Nord Cantal, en
    particulier dans les vallées lorsque l’érosion a été suffisante pour
    déblayer la formation volcanique superficielle. Ces terrains anciens
    appartiennent à deux catégories : les roches métamorphiques et les granites.
    C’est en réalité la même transformation qui conduit aux roches
    métamorphiques puis aux granites. Les premières correspondent à une
    transformation partielle d’anciennes roches sédimentaires sous l’action d’une
    augmentation de pression et de température et donnent des micaschistes et des
    gneiss ; les secondes se forment lorsque la transformation est assez intense
    pour permettre la fusion des roches métamorphiques. Les granites de notre
    région ont un âge de 300 millions d’années.

    Au cours de l’époque tertiaire (il y a approximativement
    30 millions d’années) des fossés d’effondrement et des lacs se forment ;
    ils sont rapidement remplis de sédiments. A partir du milieu du tertiaire (- 10
    à -12 millions d’années) le volcan du Cantal s’édifie ; son histoire
    principale se termine vers -3 millions d’années par la formation des coulées
    de basalte qui constituent les planèzes. Cet ensemble des Monts du Cantal
    constitue avec 35 km de rayon et 800 à 1000m de hauteur, l’un des plus grands
    volcans d’Europe. Ce massif est ensuite modelé par l’érosion fluviatile et
    l’action des glaciers qui va faire apparaître la morphologie actuelle ; la
    période la plus récente de l’action glaciaire se situe entre 12000 et 15000
    ans. Les glaciers occupaient une surface importante et constituaient une
    coupole, dont l’épaisseur prête à discussion. Cette coupole (inlandsis)
    masquait le relief sous jacent.

    Cette histoire rapide peut être retrouvée sur la carte
    géologique de la région. Malheureusement, une partie importante de la vallée
    de la Sumène, la commune de Vebret est située en bordure de document, sur la
    carte de Riom-ès-Montagnes dans l’angle supérieur gauche. Pour avoir une
    idée plus précise de l’environnement il est nécessaire d’utiliser les
    trois cartes voisines : La Tour d’Auvergne, Bort-les-Orgues et Mauriac. Les
    angles intéressants de ces quatre cartes au 1/50.000 du BRGM ont été
    juxtaposés pour former une surface équivalente à une feuille de format
    21x29,7 présentée dans l’illustration du découpage géologique.
    (Autorisation du BRGM n° W01/17.Ed). Cette juxtaposition a été réalisée en
    mettant en continuité les routes principales. Elle n’est pas parfaite et les
    différences entre deux cartes voisines témoignent d’un degré d’élaboration
    différent ce qui est normal compte tenu de la date d’édition des cartes :
    Riom-ès-Montagnes : 1972 ; Bort : 1988 ; Mauriac 1989 ; La Tour d’Auvergne :
    1990 .



    Figure 1. Découpage géologique du secteur Nord-Cantal à
    partir de différentes cartes. Extraits des cartes géologiques 1/50.000, avec
    les dates d’édition respectives, de Riom-ès- Montagnes n°764, Bort Les
    Orgues n°739, Mauriac n° 763, La Tour d’Auvergne n°740. N° d’autorisation
    W01/17.ED, Editions du BRGM.


    Pour bien comprendre la carte géologique, quelques notions
    sur les roches sont nécessaires. Les géologues classent les roches en trois
    grandes familles.

    1. Roches sédimentaires : elles correspondent à l’aboutissement
    de phénomènes physiques (transport et accumulation), chimiques (concentration
    et précipitation comme dans le cas du sel, du gypse, de la potasse) ou
    biologiques (accumulation de squelettes telles ceux des coraux, des algues, des
    éponges, de vers). Les roches sédimentaires sont formées soit par transport
    et accumulation et sont constituées de débris de roches après leur
    altération et destruction (roches détritiques) soit par sédimentation
    et accumulation de restes d’organismes souvent de petite taille nécessitant
    un microscope pour les observer. Ce sont les roches biodétritiques.




    Figure 2. Illustration des phénomènes d’érosion, de
    transport et de sédimentation. Ces
    phénomènes qui intéressent des emplacements différents, mettent ici en cause
    une chaîne de montagne et un bassin océanique, mais ils se produisent aussi
    entre une zone d’érosion de faible hauteur et un bassin fluvial de petite
    taille (cas de la Sumène). La coupe limitée par le cadre vert, illustre la
    notion de discordance : absence de continuité entre formations sédimentaires,
    de part et d’autre de la surface de discordance représentée par le trait
    rouge; les dépôts les plus récents s’effectuent sur un substratum
    antérieurement plissé et plus ou moins érodé ; la discordance correspond à
    un repos dans l’apport sédimentaire. Dessin modifié d’après le Guide de
    lecture des cartes géologiques de la France au 1/50.000 par S. Debrand-Passard,
    A.E. Prost & J. Goyallon, BRGM éditeur.


    2. Roches magmatiques : elles se forment lors du
    refroidissement de magmas fondus ou de laves prenant leur origine à des
    profondeurs importantes de la terre. Les roches plutoniques ne percent pas la
    croûte terrestre se mettent en place au sein d’autres roches et leur
    refroidissement lent permet le développement de cristaux (exemple le granite).
    Les roches volcaniques ou effusives ont la même origine que les précédentes,
    mais leur parcours est plus long ; elles percent la croûte terrestre et sont
    émises à l’air libre par un volcan (exemple : basalte des plateaux formant
    les planèzes du Cantal).

    3. Roches métamorphiques : elles résultent de la
    transformation en profondeur, donc par augmentation de température et de
    pression, d’autres roches enfouies lors de la formation de chaînes de
    montagnes (orogenèse). Donc la roche d’origine peut être magmatique,
    sédimentaire ou métamorphique Cette transformation s’accompagne d’une
    cristallisation complète des minéraux et d’une déformation qui se traduit
    par un débit en feuillets. Les schistes (ardoises) sont peu transformés.
    Lorsque la pression et la température sont élevées, les fluides actifs
    circulent, des minéraux à grains grossiers apparaissent et le gneiss se forme.


    Comment utiliser une carte géologique.

    Une carte géologique présente sur un fond de carte
    topographique, une série de taches de couleurs différentes et de dimensions
    plus ou moins grandes. Chacune de ces couleurs correspond à une roche
    affleurant en surface telle que le calcaire, les marnes, l’argile le sable, le
    granite, le micaschiste, le basalte, la phonolithe, le trachyte…. En fait ces
    roches ne sont pas immédiatement visibles ; leur surface est altérée et forme
    la terre végétale. Souvent un décapage est nécessaire pour connaître la
    roche sous-jacente.

    Dans les zones sédimentaires, les roches se disposent en
    couches; c’est le cas par exemple dans la partie gauche de l’extrait de
    carte contenant une section du bassin houiller de Champagnac qui s’est formé
    à l’époque carbonifère : 300 MA. Les fonds de vallées sont aussi remplis
    de sédiment plus récent (10.000-15.000 ans) liés aux actions fluviatiles et
    glaciaires. En dehors de ces bassins sédimentaires, les roches, sur l’ensemble
    de la carte, se présentent en massifs. La topographie est représentée par des
    courbes de niveau. Les symboles topographiques des cartes sont les mêmes que
    ceux utilisés par les cartes IGN et concernent les maisons, les ponts, les
    cours d’eau, les limites administratives, les bois... Chaque feuille est
    accompagnée d’une notice détaillée. La connaissance de la nature des roches
    est importante. Les roches influencent la nature des sols et de la végétation
    que portent ces derniers. Un sous sol granitique entraîne la formation d’un
    sol acide et d’une végétation acidophile (fougère aigle, bruyère calune..).
    L’économie de l’eau dépend aussi de la nature du sol et du sous-sol ; un
    terrain calcaire est souvent perméable alors qu’un sol sur fond argileux
    devient imperméable, facilement chargé d’eau : il est dit hydromorphe.

    Un livret explicatif accompagne toujours la carte
    géologique.Dans ce livret, l’introduction présente la carte
    et précise les relations entre la nature des roches du sous-sol (géologie) et
    les régions naturelles, le relief, les cours d’eau… (donc les caractères
    géographiques de la région).

    L’introduction de la carte de Riom-ès-Montagnes explique
    que ce secteur est à la limite de trois régions naturelles. La moitié
    sud est
    occupée par le massif du Cantal. Cette structure persiste encore mais
    sous
    forme de buttes témoins, isolées par l’érosion, sur la moitié nord de
    la
    feuille constituée par les terrains métamorphiques de l’Artense. Enfin,
    à l’extrême partie orientale de la carte apparaît l’entablement
    basaltique du Cézallier
    limité par une falaise sub-verticale de 40 à 80 m de hauteur.

    A noter que l’ordre de description des terrains dans les
    livrets est inverse de celui de la légende de la carte. Dans cette légende les
    terrains sont figurés comme dans une coupe, les plus récents étant en haut et
    dans le livret c’est l’histoire géologique qui est décrite et les terrains
    sont analysés selon leur ordre de mise en place, donc des plus vieux aux plus
    récents.

    Le corps principal de chaque livret est constitué par la
    description des terrains. Sont ensuite décrits les phénomènes géologiques :
    la tectonique ou déformation des roches, le métamorphisme, le plutonisme…Ensuite
    est donnée une présentation des ressources du sous-sol : hydrogéologie et
    eaux souterraines, substances utiles, gîtes métallifères, occupation du sol,
    protection des sites.

    Une documentation complémentaire rassemble des
    informations diverses : description de sites classiques, itinéraires de
    découverte, données chronologiques et pétrographiques sondages,
    bibliographie, listes de documents et collections consultables, glossaire.

    Des cartes secondaires à plus petite échelle, des profils
    géologiques peuvent compléter la carte principale. La carte de Riom n’en
    possède pas. En revanche celle de Saint-Flour présente différentes colonnes
    stratigraphiques synthétiques et des coupes schématiques très efficaces.

    La lecture de la carte doit s’accompagner de l’étude de
    la légende. En haut, à gauche de la carte figure la liste des auteurs qui ont
    participé à l’élaboration de la carte. La participation effective de chacun
    est indiquée sur un carton. Ces géologues cartographes ont parcouru la
    totalité de la région en s’intéressant aux localisations qui permettent d’observer
    le sous-sol : labour, tranchée, fondation d’ouvrage, falaise… Des travaux
    complémentaires tels que les sondages peuvent être réalisés. Ces
    observations de terrain sont complétées par l’étude de photographies
    aériennes. Les analyses de roches qui permettent de préciser l’âge, la
    nature, la composition, la texture, la structure…sont aussi intégrées lors
    de la synthèse qui constitue la phase essentielle de construction de la carte.
    Il s’agit de rassembler, ordonner et harmoniser les données antérieures
    acquises aussi bien sur le terrain qu’en laboratoire.

    Le résultat en est la juxtaposition des terrains identifiés
    qui constitue la carte. La légende permet cette identification. Elle est
    constituée d’une série de petits rectangles coloriés dans les mêmes
    teintes que la carte, chacun accompagné d’une abréviation conventionnelle
    faite de lettres et de chiffres. Cette notation a pour rôle de faciliter le
    repérage lorsque les couleurs trop nombreuses peuvent prêter à confusion.
    Chaque rectangle est accompagné d’un texte très court qui précise la
    nature et le nom de l’unité cartographiée. Quelques exemples sont
    empruntés à la carte de Riom-ès-Montagnes.

    Une partie importante du socle est représenté par la
    couleur orange clair et le symbole M2n
    : c’est un gneiss hétérogène à biotite. Cette roche métamorphique est à
    la fois hétérogène à l’échelle de l’échantillon et à l’échelle du
    terrain en raison de l’héritage sédimentaire varié qui est à l’origine
    de ce gneiss. On parle aussi de paragneiss lorsque les gneiss dérivent de
    roches sédimentaires, par opposition aux orthogneiss qui dérivent de roches
    plutoniques : granites, syénites, diorites.

    Les formations glaciaires sont représentées par Gy. Elles
    sont très développées en raison de la situation favorable de la région dans
    un hémicycle dessiné par le Cantal, le Cézallier et le Mont-Dore. Aussi les
    glaces sont-elles descendues jusqu’à la côte 476 m (Vebret) et même dans la
    région de Bort-les-Orgues vers 400m d’altitude, donc en dehors de la carte de
    Riom-ès-Montagnes. Le plus souvent la limite correspond à l’altitude de 600
    m. Trois types de dépôts ont été identifiés en fonction de leur position :
    haute ou de plateau (Gyc), moyenne ou de pente (Gyb) et basse ou de vallée (Gya).
    Ces repérages par l’altitudes sont simplement descriptifs et ne doivent pas
    conduire à une notion d’âge relatif; en d’autres termes ces dépôts
    peuvent être contemporains. Les dépôts sur les plateaux de l’ancien «
    icefield » (champ de glaces) ne se raccordent pas à des réservoirs nivéens
    et même disparaissent vers les points hauts proches de l’altitude 1100 m.
    Pour chaque niveau peuvent être associés les chiffres 1 à 4 : 1 pour les
    clapiers, 2 pour les moraines , 3 pour les dépôts fluvioglaciaires et 4 pour
    les dépôts limnoglaciaires.


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    Figure 3. Cartographie d’une partie du Nord-Cantal à
    partir de quatre cartes géologiques établies à des dates différentes. Dix
    huit ans séparent l’établissement de la plus ancienne et de la plus
    récente.

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    Figure 4. Légende géologique. Pour être
    rigoureux, il aurait été nécessaire de reproduire les légendes de chaque
    carte de l’assemblage précédent. On s’est limité ici à la légende de la
    carte de Riom-ès-Montagnes. Le contenu de chaque carte géologique reflète les
    connaissances du moment. Ainsi actuellement les expressions « complexes
    conglomératiques », « volcano-sédimentaire » ne sont plus utilisés.




    Figure 5. Exemple de cartographie d’une formation
    géologique: l’extension des dépôts glaciaires sur la carte de
    Riom-ès-Montagnes. La surface occupée par ces dépôts est particulièrement
    importante, autant en position haute sur les plateaux (Limon) qu’en position
    basse (fond des principales vallées). Ces positions n’impliquent pas un âge
    différent. La région de Trizac indique bien le passage continu des glaces d’un
    niveau à l’autre. Sur cette carte, le réseau hydrographique peut paraître
    étrange. Ainsi la Véronne se dédouble au niveau de Riom et la Rhue emprunte
    deux trajets sur une partie de son cours. L’explication est simple. En raison
    du colmatage des vallées, bien des rivières ont vu ultérieurement à la
    glaciation leur trajet initial dévié. Ainsi la vallée de la Petite Rhue se
    prolongeait par Chapsal et Jointy jusqu’à Coindre Haut ; elle rejoignait la
    Petite Rhue soit à droite soit à gauche du petit massif occupé par Coindre
    Haut. Ce parcours (section avale de l’ancien trajet) a été abandonné par
    suite de l’utilisation d’un autre trajet: ici la capture réalisée par un
    court affluent de la rive droite de la Véronne. En conséquence le trajet de l’actuelle
    Véronne est plus court. A partir du point de capture de la Petite Rhue, la
    Véronne a changé de nom au profit de la Petite Rhue. Les cercles jaunes
    représentent les secteurs particulièrement affectés par les phénomènes
    glaciaires.




    Conclusion : Sans que l’on s’en rende compte, la
    géologie conditionne notre vie de tous les jours : elle permet de trouver de l’eau
    (la vallée de la Sumène est « exportatrice ») et une partie de notre
    nourriture car la qualité des sols, donc notre élevage et nos cultures,
    dépend de la nature de la roche sous-jacente et de son degré d’altération;
    elle conditionne l’aménagement du territoire en tenant compte des risques
    naturels ; elle contribue à l’acquisition de substances utiles (diatomites),
    de minerais (le charbon dans le sillon houiller). Elle conditionne aussi la
    production d’énergie en permettant la construction des barrages
    hydroélectriques. Par la diversité des roches du sous-sol, exploitées dans de
    nombreuses carrières, la géologie a mis à disposition un matériel varié qui
    a conduit aux caractéristiques d’appareillage et de couleur du patrimoine
    bâti.

    kouroungou narcisse danny

    Messages : 1
    Date d'inscription : 18/04/2011

    Re: Un document de base : la carte géologique

    Message par kouroungou narcisse danny le Mer 20 Avr - 18:37

    bsr svp g voudrais téléchargé des cours de cartographie

    Ilham

    Messages : 33
    Date d'inscription : 04/07/2011
    Age : 26
    Localisation : Bouira

    Re: Un document de base : la carte géologique

    Message par Ilham le Lun 11 Juil - 21:29

    mercii pour le document we want more...thank you very much

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    Re: Un document de base : la carte géologique

    Message par Contenu sponsorisé


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